Libama arrêté pour entrave à l’accès à un lieu de travail et pressions sur des agents non-grévistes

Le syndicaliste Marcel Libama a été arrêté lundi à Libreville pour entrave à l’accès à un lieu de travail et pressions sur des agents non-grévistes, selon une source judiciaire proche du dossier, contactée par la rédaction de Gabonactu.com

La même source précise que l’arrestation du leader syndical « n’est ni une arrestation politique, ni d’une répression syndicale » car « le droit de grève, consacré par la Constitution gabonaise, est un droit fondamental ».

Cependant, poursuit la source qui a requis l’anonymat, « ce droit n’est ni absolu ni sans limites. La liberté du travail, tout aussi protégée, impose que nul ne puisse empêcher physiquement l’accès à un lieu de travail ou exercer des pressions sur des agents non-grévistes ».

Dans sa tournée lundi matin pour constater l’effectivité de la poursuite de la grève déclenchée le 10 décembre dernier par SOS Education, Libama aurait, selon des sources administratives exercé des pressions sur des agents non-grévistes ou même empêché des agents de vaquer librement à leurs occupations.

Il est aussi accusé de violation directe des règles encadrant l’exercice du droit de grève

« À partir du moment où il y a obstruction, la question n’est plus syndicale mais pénale », soutient la source judiciaire contactée par Gabonactu.com

Libama est un retraité

Tout en reconnaissant Libama comme un leader syndical, une source administrative soutient que celui-ci est à la retraite.

Par contre, dans un récent entretien avec un journaliste de la rédaction de Gabonactu.com qui lui demandait pourquoi son retour dans la contestation syndicale dans le secteur de l’Education nationale, Marcel Libama a soutenu qu’il n’était pas encore admis à faire valoir ses droits à la retraite. Il n’est pas encore atteint par la limite d’âge de 62 ans, a-t-il soutenu. « J’ai plus ou moins 58 ans », a-t-il rappelé durant cet entretien.

« Même pendant que je siégeai à l’Assemblée nationale, je participais toujours aux assemblées générales des syndicats de l’éducation nationale », a-t-il rappelé.

Toutefois, en sillonnant ce lundi dans les établissements scolaires l’administration soutient que juridiquement Libama est une “personne étrangère au service”.

« Il n’est plus agent public actif, il ne subit aucune retenue de salaire, il n’encourt aucune sanction administrative personnelle, il n’a donc pas qualité à agir à l’intérieur d’un service public en activité », poursuit une autre source qui assène : « un retraité qui bloque un service public ne fait pas du syndicalisme, il commet une intrusion ».

Sur le plan juridique, l’ancien député de la Transition tomberait sous le coup de l’article 382 du Code du travail. Celui-ci sanctionne l’entrave à la liberté du travail, tandis que l’article 314 du Code pénal réprime les actes d’obstruction et de contrainte.

À ces dispositions s’ajoute la note circulaire de mai 2021 sur l’exercice du droit de grève, qui interdit formellement tout blocage des services, impose le respect de la continuité du service public et qualifie de faute grave toute entrave ou trouble à l’ordre public.

Sous Ali Bongo Ondimba, Marcel Libama avait été arrêté à Tchibanga dans le sud du Gabon. Il s’y était rendu pour soutenir un mouvement de grève national et constater son effectivité dans la localité. Après une longue garde à vue, il avait été relaxé sans dommages sur son salaire et sa carrière.

Camille Boussoughou

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