Quelques enseignants en grève durant une assemblée générale à Libreville © D.R
Le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, annoncé au terme des travaux de la commission tripartie « Éducation–Budget–Fonction publique » associée aux membres de la plateforme SOS Education en grève générale illimitée, qu’environ 3 000 enseignants vont être mis en solde ou en présalaire dès le mois de février prochain. Autre décision salvatrice pour les enseignants, 4 000 situations administratives seront régularisées.
Des annonces très attendues, présentées par le gouvernement comme une réponse concrète à la crise qui secoue le secteur éducatif. Les discussions ont réuni les ministères concernés sous la coordination du vice-président du gouvernement. L’objectif affiché était d’apporter des solutions rapides aux blocages administratifs et financiers qui touchent des milliers d’enseignants à travers le pays. À l’issue des travaux, plusieurs mesures fortes ont été arrêtées pour améliorer leurs conditions professionnelles.
« Ces décisions marquent une étape importante dans la recherche de solutions durables aux difficultés du secteur éducatif », a souligné la ministre l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Lecrerq. Dans le détail, 328 sortants des écoles ENS et ENSET vont accéder à la solde. 692 sortants des ENIL et ENIF bénéficieront du présalaire, tout comme 108 enseignants des matières scientifiques.
À cela s’ajoutent 1 810 enseignants anciennement appelés “bénévoles”, longtemps en attente d’une reconnaissance officielle de leur travail. Pour le gouvernement, il s’agit de corriger des situations jugées injustes et sources de fortes tensions sociales.
La Commission a aussi acté la régularisation de 4 000 situations administratives. Ces dossiers concernent notamment des titularisations, des avancements automatiques et des reclassements après stage.
Sur plus de 6 500 dossiers examinés à la Fonction publique, une grande partie trouve ainsi une issue favorable, offrant un soulagement réel à de nombreux agents. « Il était urgent de mettre fin à ces retards qui pénalisaient des enseignants parfois depuis plusieurs années », a indiqué un membre de la Commission.
Selon les autorités, l’application de ces décisions débutera progressivement à partir de février 2026. Le gouvernement précise que cette dynamique ne s’arrêtera pas à l’Éducation nationale, puisque d’autres secteurs de la fonction publique, notamment la santé, devraient aussi bénéficier de mesures similaires, conformément aux orientations données au plus haut niveau de l’État.
Enfin, pour garantir le respect des engagements pris, une commission de suivi et d’évaluation a été mise en place. Elle devra faire un point régulier sur l’état d’avancement des mesures décidées.
Antoine Relaxe et Christian Thelin Ondo
