CAN 2025 : Le musée Ibn Battouta passionne les visiteurs musulmans à Tanger

À l’occasion de la Coupe d’Afrique des nations (CAN 2025) au Maroc, Tanger ne se résume pas seulement au football et à l’effervescence sportive. La ville du détroit offre aussi aux visiteurs une plongée saisissante dans l’histoire et la spiritualité musulmane à travers le musée dédié à Ibn Battouta, niché au cœur de la Casbah.

Méconnu de certains visiteurs africains et étrangers, Ibn Battouta demeure pourtant une figure majeure de l’histoire de l’islam et de la civilisation musulmane. Sa vie exceptionnelle, marquée par des voyages hors du commun, est retracée à travers des tableaux, manuscrits et planches explicatives exposés dans ce musée emblématique de Tanger, sa ville natale.

« J’ai étudié son histoire en classe de 4e. La vivre de près dans ce musée me fait chaud au cœur », confie Souleymane Ouedraogo, journaliste burkinabè du média Aconews.net, visiblement ému en parcourant les salles d’exposition. Comme lui, de nombreux visiteurs musulmans voient en Ibn Battouta un symbole fort de leur héritage spirituel et intellectuel.

« C’est une référence, un pilier de l’identité de la théologie et de la culture musulmanes », souligne un autre visiteur, admirant un à un les tableaux retraçant l’itinéraire impressionnant de cet explorateur hors norme, qui parcourut des milliers de kilomètres au nom de la foi, du savoir et de la découverte.

L’intérêt pour Ibn Battouta dépasse toutefois le seul cadre religieux. Rindra Tsirimpitia, journaliste malgache du média en ligne newsmada.com, non musulman, confie avoir été fasciné par le récit de cette vie exceptionnelle. « Après avoir découvert son parcours, je le compare volontiers à Marco Polo de l’Orient », explique-t-il, impressionné par l’ampleur des voyages et la richesse des récits laissés par le voyageur marocain.

Né à Tanger en 1304, Ibn Battouta, ce marocain berbère entama son premier grand voyage à l’âge de 18 ans, avec pour objectif initial le pèlerinage à La Mecque. Un périple spirituel qui se transforma en une aventure de plusieurs décennies à travers l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Asie et même une partie de l’Europe. Aujourd’hui, en marge de la CAN 2025, son musée attire et passionne, rappelant que Tanger est aussi une terre d’histoire, de savoir et de dialogue des civilisations.

Une œuvre monumentale

Ibn Battouta, de son nom complet Abou Abdallah Mohammed Ibn Abdallah Al-Lawati At-Tanji, est né dans une famille de juristes musulmans. À l’âge de 18 ans, il quitte sa ville natale pour accomplir le pèlerinage à La Mecque. Ce voyage marque le début d’une odyssée extraordinaire qui durera près de trente ans.

Au fil de ses périples, Ibn Battouta parcourt plus de 120 000 kilomètres, traversant l’Afrique du Nord, l’Afrique subsaharienne, le Moyen-Orient, l’Asie centrale, l’Inde, la Chine et l’Andalousie. Il rencontre des sultans, des érudits, des juges et des populations aux cultures variées, tout en exerçant parfois lui-même des fonctions de cadi (juge islamique).

Son œuvre majeure, la Rihla (Voyage), rédigée à son retour au Maroc avec l’aide du lettré Ibn Juzayy, constitue un témoignage exceptionnel sur le monde musulman et au-delà au XIVᵉ siècle. Ce récit mêle descriptions géographiques, observations sociales, récits religieux et anecdotes personnelles.

Ibn Battouta reste aujourd’hui l’un des plus grands voyageurs de l’histoire, une figure emblématique de l’exploration, du dialogue interculturel et de la quête du savoir, dont l’héritage continue d’inspirer bien au-delà du monde musulman.

Yves Laurent Goma, envoyé spécial

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