BEMA : une solution numérique pour mettre fin à la lenteur judiciaire gabonaise

Le Système de Gestion Judiciaire Intégré, BEMA, conçu pour interconnecter la Police, la Justice et les Prisons afin de mettre définitivement fin à la lenteur judiciaire gabonaise, été présenté récemment au corps judiciaire et aux décideurs des politiques publiques lors d’un atelier organisé à Libreville.  

La solution logicielle 100% adaptée aux réalités gabonaises vise à « sécuriser les données judiciaires et accélérer le rendu des décisions pour le justiciable », permettra d’endiguer la lenteur des procédures, les dossiers perdus et la surpopulation carcérale inexpliquée.

« Si ce travail arrive à être à la disposition de l’Etat gabonais, nous allons gagner beaucoup en termes de temps, en termes de traçabilité », a indiqué Hugues Endama Ndong, représentant du Ministre de la Justice.  

Dans cette célérité, BEMA permettra de rédiger les actes répétitifs (convocations, mandats, feuilles d’audience) en un clic.Le temps de rédaction d’un jugement correctionnel simple passe de plusieurs heures à quelques minutes.

La Sécurité (Lutte contre la fraude)

Chaque action dans le logiciel est tracée (qui a écrit quoi, à quelle heure). Une fois un jugement validé par le Magistrat, il est verrouillé. Impossible de modifier une décision « en douce » ou de faire disparaître une pièce du dossier électronique.

L’Humanitaire (Droits de l’homme)

BEMA intègre un système d’alerte pour les prisons. Le logiciel clignote rouge si un détenu a dépassé la durée légale de détention préventive sans voir un juge. Il signale les détenus libérables le jour même, évitant les détentions arbitraires par « oubli administratif ».

La Souveraineté Numérique

Contrairement à des solutions importées d’Europe ou des États-Unis, BEMA est conçu pour le Code Pénal et le Code de Procédure Civile gabonais. Les données sont hébergées localement (au Gabon), garantissant l’indépendance de notre Justice.

La solution numérique, se définit comme est un assistant du magistrat.  Il propose des modèles, calcule les délais, mais c’est toujours l’humain (le Magistrat) qui décide de la culpabilité ou de la peine.  Le système va fonctionner sur le réseau sécurisé de l’ANINF, limitant drastiquement l’exposition aux attaques externes grâce à ses pares-feux.

« Si vous êtes un utilisateur lambda, vous allez juste créer votre compte pour avoir accès aux informations de base. Lorsque vous portez plainte par exemple, vous voulez savoir comment votre affaire évolue, ce que qui est souvent difficile aujourd’hui sauf quand vous avez un avocat qui vous informe lorsqu’il y a des différents renvoies ou des appels. Or là grâce à BEMA, vous êtes informé en temps réel sur tout ce qui se passe sur votre dossier lorsque vous portez plainte », a expliqué Jonas Beyeni, concepteur de l’application produite par  la société JBSOFT Gabon.

Antoine Relaxe

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