Le paiement des vacations, attendu comme un signal fort pour calmer la crise dans le secteur éducatif, a provoqué une profonde déception. Au lieu d’apaiser les tensions, il a déclenché colère et incompréhension chez de nombreux enseignants. En cause, des montants jugés dérisoires et difficiles à comprendre, perçus comme une injustice par ceux qui ont participé à l’organisation, la supervision et la surveillance des examens d’Etat.
Sur le terrain, plusieurs enseignants affirment avoir reçu des sommes comprises entre 750 et 3 600 FCFA. Ces montants et des bons de paiement, largement relayés sur les réseaux sociaux et dans les discussions syndicales, ont choqué plus d’un. Beaucoup s’attendaient à des montants bien plus élevés, au regard du travail fourni et du temps consacré.
Cette situation soulève de nombreuses questions. Les barèmes des vacations pour les examens nationaux sont pourtant connus. Une copie corrigée est rémunérée à environ 1 700 FCFA. Dès lors, comment expliquer qu’un enseignant perçoive moins de 4 000 FCFA, voire moins de 1 000 FCFA; alors même qu’aucune matière ne compte pas un nombre aussi faible de copies à corriger ? Pour beaucoup, les montants et rémunérations affectés ne semblent pas cohérents.
Face à la colère, certaines critiques se sont rapidement tournées vers la ministère en charge de l’Éducation nationale qui a dans un communiqué officiel, signé du Secrétaire général, Christian Louembet Onguélé, fait savoir que ces paiements concerneraient principalement une seule activité, l’harmonisation, du moins dans la majorité des cas évoqués.
Dans le même temps, la tutelle ministériel explique que les montants versés correspondent à une première tranche, représentant 50 % des sommes dues, au titre des examens d’Etat de la session 2024-2025.
Selon les textes en vigueur, chaque activité liée aux examens est payée séparément. L’harmonisation est rémunérée à 1 800 FCFA par séance, la correction des copies à 1 700 FCFA par copie et la délibération à 5 000 FCFA par séance. Cette méthode de paiement par activité expliquerait pourquoi certains enseignants n’ont reçu qu’une partie des sommes attendues, précise le communiqué de la tutelle.
Au demeurant, le ministère de tutelle a pris le soin d’indiquer qu’il n’intervient pas dans l’organisation administrative et ne gère pas directement les paiements. Son rôle consiste à définir les orientations générales et à superviser l’action de l’administration; sans intervenir dans les opérations techniques effectuées par les services financiers et le Trésor public.
Il reste malgré tout à rétablir la confiance chez les enseignants qui attendent des explications claires, des corrections rapides et le paiement intégral de ce qui leur est dû. Le ministère assure que les modalités n’ont pas changé et que les montants restants seront versés, conformément aux règles en vigueur.
En attendant, le malaise persiste dans un secteur déjà fragilisé, où chaque geste compte pour restaurer le dialogue et où le temps joue désormais contre l’ensemble des acteurs et partenaires du secteur avec la grève qui se prolonge dans les écoles.
Christina Thélin Ondo
