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Plusieurs titres historiques menacés de fermeture par les autorités

Reporters sans frontières (RSF) appelle l’organe de régulation des médias tchadiens à revenir sur les sanctions visant plusieurs responsables de publications menacés de quitter leurs fonctions ou de voir leurs médias fermés parce qu’ils n’ont pas les diplômes requis. L’application de cette décision ferait disparaître de nombreux journaux et porterait très gravement atteinte à la liberté d’informer dans le pays à moins d’un an de l’élection présidentielle. 

Trente et un an après la parution de son premier numéro, N’Djamena Hebdo, né sous la dictature d’Hissène Habré, vit peut-être ses dernières semaines. A l’instar d’une quinzaine de titres, le plus vieux journal indépendant du Tchad pourrait être fermé par les autorités d’ici à la fin de l’année. La Haute autorité des médias et de l’audiovisuel (Hama) vient d’envoyer un courrier à au moins trois médias pour leur demander de se conformer avec la loi sur la presse qui prévoit que les directeurs de publication et les rédacteurs en chef doivent détenir un diplôme en journalisme “de niveau bac+3 au moins” afin de pouvoir exercer leur fonction. Cette disposition est prévue par la loi sur les médias adoptée en 2018. 

Joint par RSF, Djendoroum Mbaininga, le directeur de publication N’Djamena Hebdo, voit dans cette décision “un acharnement contre les journaux qui font un traitement sérieux de l’information et qui dérangent le pouvoir”. Enseignant de formation, il avait intégré ce bi-hebdomadaire en 1992 à la suite d’un concours de recrutement où il était arrivé quatrième sur plus de 400 candidats. Ironie de l’histoire, il avait été désigné en 2005 rédacteur en chef du journal par Dieudonné Djonabaye lorsque ce dernier a quitté son poste pour devenir président de la Hama. 

La Voix et l’Éclairage, deux hebdomadaires, ont également reçu un courrier similaire. Au début du mois de septembre le régulateur avait déjà suspendu douze journaux pour le même motif, soit un quart de la presse privée tchadienne.

“Aucun critère de qualification ou de diplôme ne peut servir à restreindre l’accès à l’exercice du journalisme ou à la direction d’un média, rappelle Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique. La volonté de professionnaliser la presse ne peut pas se faire au prix d’une mise au banc de journalistes qui exercent parfois depuis plusieurs décennies et de la fermeture de titres historiques. Nous appelons l’organe de régulation à revenir sur cette décision et les autorités à amender la loi sur les médias pour mettre fin à ces restrictions d’accès à la direction d’un média. A quelques mois de l’élection présidentielle, la disparition d’une quinzaine de titres porterait gravement atteinte au pluralisme médiatique du Tchad et apparaîtrait comme une chasse aux voix critiques et indépendantes.” 

L’élection présidentielle est prévue le 11 avril 2021. Au pouvoir depuis 1990, le président Idriss Deby n’a pas encore annoncé s’il briguerait ou non un sixième mandat consécutif. 

Le Tchad occupe la 123e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2020.

Source : rsf.org

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Cameroun : RSF appelle à la libération de deux journalistes

Les deux journalistes couvraient une manifestation anti Paul Biya, président du Cameroun © DR
Libreville, 30 janvier (Gabonactu.com) – Reporters sans frontières (RSF) demande la libération immédiate et sans condition de deux journalistes reporters d’un quotidien camerounais arrêtés alors qu’ils couvraient une réunion politique de l’opposition lundi soir à Douala. 

Théodore Tchopa et David Eyengue, journalistes pour le grand quotidien privé Le Jour et par ailleurs membres du syndicat national des journalistes camerounais (SNJC), ont été arrêtés lundi soir à Douala, la capitale économique du Cameroun, alors qu’il couvrait une réunion politique au domicile d’un proche de Maurice Kamto. Le candidat arrivé deuxième à l’élection présidentielle d’octobre 2018 et qui conteste la réélection de Paul Biya pour un septième mandat a également été arrêté à cette occasion à l’instar de plusieurs de ses soutiens.

“Couvrir les activités de l’opposition n’est pas un crime. C’est le devoir des journalistes politiques, déclare Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. En arrêtant arbitrairement des journalistes qui ne font qu’effectuer leur travail, les autorités camerounaises n’apportent pas de réponse mais contribuent au contraire à accentuer la crise politique que traverse actuellement le pays. Nous appelons à la libération immédiate et sans condition de ces deux journalistes.”

Dans un communiqué transmis à RSF, le SNJC a également appelé à la libération des deux reporters, qui, selon le syndicat, ont été “confondus” avec des cadres et des militants de l’opposition arrêtés lundi soir au même endroit. Le SNJC précise que les journalistes qui étaient “en plein exercice de leur fonction” ont été transférés pendant la nuit à délégation régionale de la police judiciaire de Yaoundé.

Les arrestations de journalistes sont fréquentes au Cameroun. RSF se bat également pour obtenir la libération d’Amadou Vamoulké, l’ex-dirigeant de la CRTV, en détention depuis plus de deux ans et demi et qui comparaîtra pour la 17ème fois devant un tribunal le 1er mars prochain.

Le pays occupe la 129e place du Classement mondial de la liberté de la presse2018 établi par RSF.

Gaston Ella

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RDC : RSF dénonce une stratégie de censure liberticide et contre-productive 

 

Libreville, 2 janvier (Gabonactu.com) – Alors que le dépouillement se poursuit après les élections législatives et présidentielle du 30 décembre en République démocratique du Congo (RDC), l’accès à internet est suspendu, l’accréditation d’une correspondante de RFI a été retirée et les principaux émetteurs de la radio ont été coupés. Reporters sans frontières (RSF) condamne cet usage systématique de la censure et appelle les autorités à ne pas entraver le travail des journalistes et des médias. 

Depuis le 30 décembre et la fermeture des bureaux de vote pour les élections législatives et présidentielle, les Congolais sont progressivement privés d’accès à l’information. Les autorités ont ordonné la suspension de l’accès à internet, aux réseaux sociaux et au service de SMS, empêchant les informations de circuler et les journalistes de travailler. Des mesures “pour préserver l’ordre public” qui pourraient rester en vigueur jusqu’à la publication des résultats prévus au plus tard ce dimanche 6 janvier selon le conseiller principal du président Joseph Kabila, cité par Reuters.

Radio France Internationalel’une des radios les plus écoutées du pays, est également la cible des autorités. L’antenne de RFI n’est quasiment plus accessible, la plupart de ses émetteurs ayant été coupés mardi. Dans une lettre adressée à la direction de la chaîne, le ministre de la Communication et des Médias Lambert Mende Omalanga, a également signifié le retrait de l’accréditation de Florence Morice, correspondante de RFI en RDC, lui reprochant d’avoir régulièrement annoncé des résultats provisoires à l’antenne. Des accusations contestées par la chaîne qui a défendu dans un communiqué, le professionnalisme de sa journaliste et demandé le rétablissement de la diffusion de son antenne.

“En coupant internet et en entravant la diffusion d’un média international de référence très populaire dans le pays, les autorités congolaises privent les journalistes d’un outil de travail indispensable et la population d’un accès à l’information essentiel en marge d’une élection présidentielle attendue depuis deux ans, dénonce Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. La préservation de l’ordre public ne peut justifier le recours systématique à la censure. Cette stratégie est non seulement liberticide, mais elle est contre-productive. Empêcher les journalistes et les médias de travailler alimente la suspicion et porte sérieusement atteinte à la transparence, et donc à la crédibilité, de toute consultation démocratique”.

Les coupures ont été dénoncées par plusieurs chancelleries occidentales dont celles des Etats-Unis et de l’Union européenne qui ont demandé dans un communiqué conjoint au gouvernement “de ne pas bloquer l’accès à internet et aux médias”.

La RDC fait partie des pires cybercenseurs en Afrique. A la veille des élections, RSF et son organisation partenaire Journaliste en danger (JED), s’étaient inquiétées de possibles coupures en marge des élections. En 2017, RSF avait également pointé du doigt la responsabilité des fournisseurs d’accès à internet comme Orange et demandé qu’ils résistent aux injonctions des régimes autoritaires au nom de leurs engagements et de la liberté d’information.

En 2018, la RDC, 154e au Classement mondial de la liberté de la presse, est le pays dans lequel RSF a enregistré le plus d’exactions contre les journalistes et les médias en Afrique subsaharienne.

Source : rsf

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80 journalistes tués, 348 en détention et 60 otages (bilan RSF 2018)

Libreville, 20 décembre (Gabonactu.com) – En 2018, 80 journalistes ont été tués, 348 sont actuellement en détention et 60 sont otages, des chiffres en hausse qui traduisent une violence inédite contre les journalistes, selon un bilan publié lundi dernier par Reporters sans frontières (RSF). 

Qu’il s’agisse d’assassinats, d’emprisonnements, de prises d’otages ou de disparitions forcées, les violences commises contre les journalistes en 2018 dans le monde sont en nette hausse. C’est ce que révèle Reporters sans frontières dans son bilan annuel. L’année 2018 a été particulièrement meurtrière avec 80 journalistes* tués dans l’exercice de leurs fonctions (+8%). Après trois années de baisse, le nombre de journalistes professionnels tués est en hausse de 15% : 63 homicides contre 55 l’an dernier. Les assassinats très médiatisés de l’éditorialiste saoudien Jamal Khashoggi ou du jeune journaliste de données slovaque Jan Kuciak ont mis en lumière la détermination sans limite des ennemis de la liberté de la presse. En 2018, plus de la moitié des journalistes tués ont été sciemment visés et assassinés.

Les violences contre les journalistes atteignent un niveau inédit cette année ; tous les voyants sont au rouge, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. La haine contre les journalistes proférée, voire même revendiquée, par des leaders politiques, religieux ou des businessmen sans scrupules a des conséquences dramatiques sur le terrain et se traduit par une hausse inquiétante des violations à l’égard des journalistes. Démultipliés par les réseaux sociaux, qui portent à cet égard une lourde responsabilité, ces sentiments haineux légitiment ces violences et affaiblissent, un peu plus chaque jour, le journalisme et, avec lui, la démocratie.

Lors de la publication de la dernière édition du Classement mondial de la liberté de la presse en avril dernier, RSF s’inquiétait déjà de cette haine affichée envers les médias de la part de responsables politiques et de la volonté des régimes autoritaires d’exporter leurs contre-modèles.

Des détenus et des otages toujours plus nombreux

Avec 15 morts, l’Afghanistan est cette année le pays le plus meurtrier pour le journalisme, suivi par la Syrie (11) et le Mexique (9), pays en paix le plus dangereux pour les journalistes. Autre fait notable : l’entrée des Etats-Unis parmi les pays les plus meurtriers au monde après la fusillade sanglante contre la rédaction du Capitol Gazette. 

Le nombre de journalistes détenus dans le monde est lui aussi en hausse : 348 contre 326 en 2017. Comme l’an dernier, cinq pays détiennent à eux seuls plus de la moitié des journalistes emprisonnés : L’Iran, l’Arabie saoudite, l’Egypte, la Turquie et la Chine. Ce dernier pays reste la plus grande prison du monde avec 60 journalistes détenus dont ¾ de non-professionnels. Le nombre d’otages a lui aussi augmenté de 11% avec 60 journalistes captifs à ce jour contre 54 l’an dernier. Cinquante-neuf d’entre eux sont retenus au Moyen-Orient (Syrie, Irak et Yémen). Parmi eux, six sont des étrangers. En dépit de la défaite de l’Etat islamique en Irak et de son recul en Syrie, peu d’informations ont filtré sur le sort de ces otages, à l’exception du Japonais Jumpei Yasuda qui a retrouvé la liberté après trois ans de captivité en Syrie. Un journaliste ukrainien est lui toujours aux mains des autorités autoproclamées de la “République populaire de Donetsk” (DNR) qui l’accusent d’être un espion.  Enfin, RSF a enregistré trois nouveaux cas de journalistes disparus au cours de l’année, deux en Amérique latine et un en Russie.

Établi chaque année depuis 1995 par RSF, le bilan annuel des exactions commises contre les journalistes se fonde sur des données précises. RSF procède à une minutieuse collecte d’informations permettant d’affirmer avec certitude, ou du moins une très forte présomption, que la détention, l’enlèvement, la disparition ou la mort d’un journaliste est une conséquence directe de l’exercice de sa profession.

*Ce chiffre comprend les journalistes professionnels, les non professionnels et les collaborateurs des médias.

Camille Boussougou & RSF

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Cinq journalistes d’AfricaNews arrêtés vendredi en RDC (RSF)

Photo @ DR

Libreville, 19 octobre (Gabonactu.com) – Cinq journalistes d’AfricaNews ont été interpellés par la police vendredi 19 octobre en République démocratique du Congo (RDC) à la suite d’une enquête portant sur des faits de corruption présumés au sein d’une école de formation de la police. Reporters sans frontières (RSF) dénonce une vague d’arrestations arbitraires et demande la remise en liberté immédiate de ces reporters.  

 

Les journalistes Octave MukendiBruce LanduRoddy BosakwaDan Luyila et Laurent Omba se trouvent depuis ce matin à la direction des renseignements de la police nationale congolaise à Kinshasa. D’après les informations obtenues par RSF, ils ont été arrêtés entre 5h et 6h du matin à la rédaction d’AfricaNews. Ce tri-hebdomadaire très populaire de la capitale avait publié un article le 12 octobre dernier sur l’ouverture d’une enquête par les services de l’Inspection générale de la police concernant le détournement présumé de nourriture dans une école de formation de la police.

“Il est invraisemblable et consternant que des services de la police procèdent à l’arrestation de journalistes qui ont révélé l’ouverture d’une enquête policière pour des détournements présumés, déplore Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. Ces journalistes n’ont fait que leur travail en portant à la connaissance du public une enquête en cours. Ils n’ont rien à faire derrière les barreaux et doivent être libérés sans délai”.

Joint par RSF, Achille Kadima, le directeur de publication d’AfricaNews raconte que plusieurs policiers s’étaient déjà rendus dans les locaux de sa rédaction depuis la publication de l’article. “Je suis en cavale comme la dizaine de journalistes et de personnels qui n’était pas présente au journal ce matin”. Une lettre avait également été envoyée par le directeur de publication à l’Inspection générale de la police pour demander l’ouverture d’une enquête afin d’identifier les auteurs de cette “politique d’intimidation d’une autre époque”.

RSF a alerté par téléphone le général Raus Chalwe, inspecteur général de la police nationale. Joint par notre organisation, le général Kanyama, directeur des écoles de la police congolaise et cité comme personne interrogée dans le cadre de l’enquête révélée par AfricaNews, a affirmé ne pas être au courant de ces arrestations qui ne “relèvent pas de ses attributions”.

La République démocratique du Congo occupe la 154e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2018.

Source : rsf.org

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Le président ougandais insulte et menace des médias en direct à la télévision

Le président Ougandais Yoweri Museveni au pouvoir depuis 32 ans @ DR

 

Libreville, 15 juin (Gabonactu.com) – Le président Yoweri Museveni a publiquement insulté et menacé des médias lors d’une allocution télévisée le 14 juin dernier, rapporte un communiqué de Reporters sans frontières (RSF).

 

“Diaboliques”, “stupides”, le président ougandais Yoweri Museveni a invectivé plusieurs médias lors de la présentation du budget 2018/2019 retr

ansmise en direct à la télévision jeudi 14 juin. Devant une assemblée composée des membres du gouvernement et du Parlement, le chef de l’Etat ougandais, au

pouvoir depuis 32 ans, s’en est particulièrement pris au Daily Monitor, premier quotidien privé du pays, menaçant de “s’en occuper” si le journal continuait à dénoncer l’augmentation de la dette du pays dans ses colonnes. Dans son édition du 7 avril, le journal avait calculé qu’il faudrait 94 ans à l’Ouganda pour honorer sa dette au rythme des remboursements actuels. Plus récemment, le quotidien avait souligné que ce sujet figurait parmi les “grands absents” du discours annuel du président sur l’état de la nation.

“En invectivant publiquement la presse devant des responsables politiques de premier plan, le président légitime l’usage de la violence verbale et alimente un climat d’hostilité à l’égard des journalistes ougandais déjà régulièrement soumis aux arrestations arbitraires et aux agressions, dénonce Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. Ces propos sont dangereux et indignes d’un chef d’Etat”.

 

L’Ouganda (117e) a perdu 5 places dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2018.

Camille Boussougou

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Ghana: un célèbre journaliste d’investigation menacé de mort avant la diffusion d’une enquête sur la corruption dans le football

Anas Aremeyaw Anas est toujours masqué dans toutes ses interviews @ DR

Libreville, 6 mai (Gabonactu.com) – Le journaliste célèbre journaliste ghanéen d’investigation, Anas Aremeyaw Anas, auteur d’un documentaire sur la corruption dans le football de son pays est menacé de mort avant même la diffusion de son enquête, déplore un communiqué de Reporters sans frontières (RSF) qui condamne “avec la plus grande fermeté les menaces dont fait l’objet ce journaliste”.

Appels menaçants, messages d’intimidation et véhicules suspects autour de son domicile… Le quotidien du journaliste Anas Aremeyaw Anas est devenu un enfer depuis que son projet d’enquête sur la corruption dans le football ghanéen a été rendu public par le président du Ghana Nana Akufo-Addo. Le chef de l’Etat, qui s’était vu offrir un droit de réponse et avait ainsi pu visionner des extraits du documentaire, a ordonné l’arrestation du président de l’Association de Football du Ghana, qui a été depuis remis en liberté sous caution. L’enquête intitulée “Numéro 12” doit être diffusée en avant-première au centre de conférence international d’Accra ce mercredi 6 juin.

 

Joint par RSF, le journaliste assure ne pas être intimidé et confirme qu’il diffusera son enquête malgré les menaces “regrettables” proférées, y compris par des hommes politiques de premier plan. C’est ainsi que le député Kennedy Ohene Agyapong, mis en cause dans l’affaire, a accusé, lors d’une émission diffusée en direct le 4 juin sur Adom FM, le journaliste de faire du “chantage” pour “obtenir de l’argent” avant d’affirmer qu’il méritait “d’être pendu”. Le parlementaire avait déjà menacé de “détruire la carrière” du documentariste sur Adom TV le 29 mai dernier.

 

“L’indifférence générale dans laquelle des menaces de morts sont proférées contre un journaliste reconnu pour son professionnalisme est incompréhensible, dénonce Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. Le gouvernement ne peut tolérer que l’un des députés de la majorité au pouvoir tienne de tels propos. Il est indispensable que ces menaces soient prises au sérieux, qu’elles soient systématiquement condamnées et qu’une enquête soit ouverte pour sanctionner les auteurs.”

 

“La police ne devrait pas attendre qu’il arrive malheur à Anas pour intervenir” estime pour sa part le directeur de l’Association des Journalistes du Ghana, Affail Monney, joint par RSF. D’autant que l’entourage d’Anas a déjà fait également l’objet de menaces inquiétantes: le 31 mai dernier, des hommes armés ont tenté de s’introduire au domicile de Saddick Adams, un journaliste sportif ayant collaboré avec Anas dans sa dernière enquête.

 

L’identité réelle d’Anas Aremeyaw Anas reste inconnue. Lors de ses interventions publiques, le journaliste apparaît systématiquement le visage masqué. Son enquête sur la corruption dans la magistrature avait eu un impact retentissant en 2015 et avait conduit à la suspension de 34 juges, qui avaient accepté une proposition de pots-de-vin pour influencer leur décision.

 

Classé 23ème, le Ghana occupe la première place des pays africains dans le Classement de la liberté de la presse établi par RSF en 2018.

Source : RSF

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Le Gabon est le meilleur pays en Afrique centrale pour la presse, selon RSF

 

Libreville, 25 avril (Gabonactu.com) – Le  Gabon est le meilleur pays pour la presse dans les six pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), selon le classement 2018 de Reporters sans frontières (RSF) publié ce mercredi à Paris siège de l’organisation de défense de la liberté de la presse.

 

Le Gabon occupe le 108ème rang mondial sur 180 pays étudiés et le premier rang dans la zone CEMAC. Libreville occupait le même rang en 2017.

 

La Centrafrique, pays en proie à une crise politico-militaire et religieuse arrive à la 112ème place mondiale. Elle est seconde dans la CEMAC suivie du Congo Brazzaville (114ème rang mondial) et du Tchad (123ème rang mondial).

 

Le Cameroun (130ème mondial en 2017) gagne un point et se classe au 129ème mondial. Il est 5ème dans la CEMAC.

 

La Guinée Equatoriale boucle la boucle dans la CEMAC au 171ème rang mondial. Même classement en 2017.

 

Le Ghana, 23ème au niveau mondial est numéro un en Afrique suivi de la Namibie (26ème mondial) et de l’Afrique du Sud (28ème mondial).

 

Le Burkina Faso, 41ème mondial est le premier pays francophone suivi des Comores (49ème mondial) et du Sénégal (50ème).

 

La Norvège, Suède, Pays Bas, la Finlande et la Suisse sont les 5 premiers au monde. La France occupe la 33ème position. Elle 3 points par rapport à 2017.

 

La Chine, la Syrie, le Turkménistan, l’Erythrée et la Corée du nord sont bon derniers.

 

Selon RSF, l’édition 2018 de son Classement mondial de la liberté de la presse, révèle un climat de haine de plus en plus marqué. L’hostilité des dirigeants politiques envers les médias n’est plus l’apanage des seuls pays autoritaires comme la Turquie (157e, -2) ou l’Egypte (161e), qui ont sombré dans la “média-phobie” au point de généraliser les accusations de “terrorisme” contre les journalistes et d’emprisonner arbitrairement tous ceux qui ne leur prêtent pas allégeance.

 

Voici le lien pour télécharger la carte de la liberté de la presse dans le monde :

https://gallery.mailchimp.com/5cb8824c726d51483ba41891e/files/e4e70931-8fab-44ed-b3c1-d88a1572bf3c/CARTE_2018_FR.pdf

Carl Nsitou

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110 journalistes tués ou décédés de morts suspectes en 2015 (RSF)

 

Libreville, Gabon (Gabonactu.com) – En 2015 quelques 110 journalistes ont été tués en raison de leur métier ou décédés de morts suspectes, annonce Reporters sans frontières (RSF) dans son bilan 2015 publié ce mardi.

 

Pour 67 d’entre eux, l’organisation est en mesure d’affirmer de manière formelle qu’ils ont été tués en raison de leur profession ou dans l’exercice de leur mission, soit un total de 787 depuis 2005. Les autres cas font l’objet de suspicions. A ces chiffres s’ajoutent 27 journalistes citoyens et 7 collaborateurs de médias tués. Cette situation préoccupante est imputable à une violence délibérée contre les journalistes, et témoigne de l’échec des initiatives en faveur de leur protection.

Parmi les pays les plus meurtriers pour les journalistes en 2015, un pays européen, la France, figure au troisième rang, après l’Inde et l’Irak. L’attaque perpétrée en janvier contre Charlie Hebdo participe à l’inversion de la tendance de 2014 où deux tiers des reporters tués dans le monde l’avaient été en zones de conflits. Cette année, au contraire, deux tiers des journalistes tués l’ont été “en temps de paix”.
Il est impératif de mettre en place un mécanisme concret pour l’application du droit international sur la protection des journalistes, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de l’organisation. Aujourd’hui, des groupes non étatiques perpètrent des exactions ciblées contre, tandis que de trop nombreux États ne respectent pas leurs obligations. Les 110 reporters tués cette année doivent générer des réactions à hauteur de l’urgence : un représentant spécial pour la protection des journalistes auprès du secrétaire général des Nations Unies doit être nommé sans tarder.”

Dans son rapport annuel sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité, le 6 août 2015, le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon s’alarmait de cette situation : “je suis profondément inquiet par l’incapacité à réduire la fréquence et l’ampleur des violences ciblées auxquelles sont confrontées les journalistes et l’impunité presque absolue pour de tels crimes.”

Pour répondre à la persistance et la diversité des risques encourus par les journalistes, RSF a publié le 15 décembre 2015, en partenariat avec l’Unesco, une édition revue et corrigée du Guide pratique de sécurité pour les journalistes.

Établi chaque année depuis 20 ans par RSF, le bilan annuel des exactions contre les journalistes s’appuie sur des données précises, collectées grâce à l’activité de veille de l’organisation. Le “Committee to Protect Journalists”, basé à New York, publie son propre bilan le même jour.

 

Voici le lien pour lire tout le rapport : https://gallery.mailchimp.com/5cb8824c726d51483ba41891e/files/RSF_2015_PART_2_FR_01.pdf

 

Martin Safou

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RSF inquiète des menaces de mort contre Jonas Moulenda

Jonas Moulenda (costume cravate) et Désiré Ename @ facebook Jonas Moulenda

 


Paris, France (Gabonactu.com) – L’ONG Reporter sans frontières (RSF) exprime sa vive inquiétude face aux menaces de mort répétées à l’encontre du journaliste d’investigation gabonais Jonas Moulenda, rapporte un communiqué de l’organisation transmis à Gabonactu.com.

 

Le journaliste et directeur de rédaction du quotidien Faits DiversJonas Moulenda, affirme être victime depuis fin décembre de menaces de mort répétées suite à une série d’articles dénonçant des crimes rituels perpétrés au Gabon. Jonas Moulenda a porté plainte, mis sa famille à l’abri puis a pris la fuite après l’effraction de son domicile. Il a trouvé refuge au Cameroun le 3 janvier dernier, où il aurait à nouveau été menacé. La police camerounaise a ouvert une enquête suite à son dépôt de plainte pour tentative d’assassinat et l’a placé dans un lieu sécurisé.

 

“Nous sommes aujourd’hui très inquiets pour Jonas Moulenda, journaliste que nous avons déjà défendu dans le passé, déclare Lucie Morillon, directrice des programmes de Reporters sans frontières. Nous demandons aux autorités gabonaises et camerounaises de mener des enquêtes approfondies et impartiales afin que les menaces à l’encontre du journaliste cessent et qu’il puisse regagner son pays en toute sécurité. Il est de la responsabilité des Etats d’assurer la sécurité des journalistes qui exercent dans leurs pays.”

 

Suite à un article publié le 19 décembre 2014 qui dénonçait des crimes rituels, Jonas Moulenda affirme avoir été séquestré et menacé par Félicien Moudionzo, directeur du cabinet adjoint du président de l’Assemblée nationale à Libreville et sénateur récemment élu, dans son bureau.

 

Le journaliste a porté plainte auprès de la police judiciaire accompagné de Désiré Ename, directeur de publication des journaux Faits Divers et Echos du Nord. Amenés à la direction générale des recherches, ils ont alors été interrogés jusqu’au lendemain au sujet des rubriques “Lettres à” d’Echos du Nord qui portaient de vives critiques envers le président gabonais Ali Bongo mais aussi envers les forces de défense et de sécurité au service du pouvoir.

 

Ces rubriques auraient selon les autorités incitées à l’insurrection et au trouble à l’ordre public. Selon M. Ename, les journalistes souhaitaient seulement sensibiliser la population et rappeler les valeurs républicaines chères aux gabonais. Le Conseil National de la Communication a néanmoins suspendu pour une durée d’un mois la rubrique « Lettre à ».

 

Le Gabon occupe la 98è place dans le Classement 2014 de la liberté de la presse, établi par Reporters sans frontières.

 

Lazare Moukoubidi

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