Mairie de Mouila : « le scrutin du 14 mai 2022 est entaché d’irrégularités » (le député Serge Maurice Mabiala)

Serge Maurice Mabiala, Député-Conseiller municipal de Mouila © D.R

L’honorable député, Serge Maurice Mabiala a dans une lettre adressée aux populations de Mouila, fait savoir que l‘élection de l’actuel édile de la capitale provinciale de la Ngounié (sud), Richard Désiré Mamouaka, candidat présenté par le Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) est  entachée d’irrégularités eu égard aux nombreuses fausses  procurations envoyées par certains électeurs conseillers,  lesquels se trouvaient  pourtant dans la ville au moment du vote. Lecture.

Mouila, le 16 mai 2022

Il est porté à la connaissance des molviloises et des molvilois, que des incidents malheureux ont éclaté au cours de la dernière session extraordinaire convoquée à l’effet d’élire le nouveau Maire et Président du conseil municipal de Mouila.

La session extraordinaire précitée était convoquée pour 9h quand, à 9h55 après l’appel des conseillers, le Gouverneur de la province de la Ngounié a constaté la curieuse absence des nombreux conseillers retardataires du Parti Démocratique gabonais (PDG).

Par la bouche du candidat PDG, le sieur Richard Désiré MAMOUAKA, il lui fut répondu que ces derniers « étaient en route », quand on sait que les conseillers retardataires avaient été cantonnés à Ndendé, il s’agissait donc ici de l’axe  routier Ndendé-Mouila.

Suite à cette précision,  et de bonne grâce, Madame le Gouverneur a accordé une demi-heure de plus (?) afin qu’ils rejoignent la salle des travaux, quand bien même la règle de courtoisie républicaine interdit à quiconque d’intégrer la salle où a déjà pris place le  Gouverneur, représentant de l’État et du Chef de l’État.

Or, contre toute attente, nous avons assisté médusés à l’arrivée des procurations mandatées par les conseillers absents.

Par la suite, le bureau de la séance fut constituer dans la règle accoutumée et il fut décidé que le Président et le Secrétaire de séance, respectivement membres du SDG et du PDG, officieraient conformément à la règle, en raison de leurs âges respectifs.

C’est ainsi que la Présidente de séance a entamé les travaux par un nouvel appel, le décompte des conseillers présents et absents et le dénombrement des procurations. A noter que le nombre de celles-ci, témoignant de l’absence de nombreux conseillers soit plus du tiers, étaient particulièrement élevé pour une session d’une telle importance…

Prenant la parole au nom du groupe des conseillers RHM, le député et conseiller municipal Serge Maurice MABIALA, a appelé l’attention du Bureau et de tous les conseillers sur la nécessité d’observer rigoureusement les prescriptions du chapitre V relatif au vote par procuration et les dispositions des articles  99 ;100 ;101 et 102 de la loi n°07/96 du 12 mars 1996 portant dispositions communes à toutes les élections politiques.

Pour rappel, l’article 99 prescrit entre autres que: « peuvent exercer, sur leur demande, leur droit de vote par procuration (…) les électeurs que des obligations dûment constatées retiennent éloignées de la circonscription sur la liste électorale de laquelle ils sont inscrits »

Dans l’esprit de cet article, d’évidence et à l’entendement de tous, la procuration doit répondre à des conditions de forme et de fond. En ce qui concerne la forme, les mentions prescrites par la loi doivent figurer sur la procuration tout autant que pour ce qui concerne le fond, c’est à dire le motif de la procuration, le document justificatif de l’absence du mandant devant être annexé à la procuration.

Il n’en fut jamais rien. Le Président de séance et le candidat du PDG, pris manifestement de panique et vociférant de façon indécente, à la stupéfaction de tous, se sont opposés à ce que les obligations mentionnées sur les procurations soient « dûment constatées » ainsi que le prescrit la loi.

Nous demandions de procéder de concert au constat de l’authenticité formelle des procurations afin de nous assurer qu’elles ne comportaient aucune irrégularité susceptible d’entacher  l’intégrité du vote exprimé dans l’urne.

Notre demande était d’autant plus soutenue qu’il était de notoriété publique que les conseillers Daniel LELET LEBONGO et Rigobert TSAMBA, respectivement maire intérimaire PDG et conseiller PDG de la commune étaient bel et bien présents le samedi 14 mars sur Mouila à l’entame de la séance, quand bien même, la loi fait interdiction à tout mandant de résider sur le lieu de la liste électorale où il est inscrit.

Nous savions en effet que ces derniers, casernés et reclus dans la commune voisine de Ndendé, étaient l’objet de pressions afin qu’ils ne participent pas au vote en raison du « risque de solidarité ethnique », le candidat RHM  Julien MIKOLO étant de l’ethnie Nzebi comme eux.

Aux  termes de l’article 101 : «  la procuration doit être remise au mandataire avec la carte d’électeur du mandant par le président de la commission électorale concernée ».

L’article 102  quant à lui dispose que : «  …à son entrée dans la salle du scrutin, le mandataire doit présenter sa carte d’électeur, la procuration ainsi que la carte d’électeur du mandant ou l’une des pièces d’identités de ce dernier…il lui est remis une enveloppe accolée. Son vote est constaté par l’estampillage de la procuration et de la carte d’électeur du mandant…La procuration est annexée au procès-verbal des opérations électorales »

Mes chers concitoyens, rien de tout ce que la loi prescrit ne fut respecté.

Aucune des procurations, étonnamment nombreuses, ne fut examinée  de concert. Aucune obligation justifiant l’absence des conseillers ne fut dûment constatée. Aucun document justificatif de l’absence de tout mandant ne fut annexé à la procuration.

Quant au procès-verbal censé sanctionner la fin des travaux et la légalité du scrutin, ce document rejeté par mon parti, ne sera jamais immédiatement remis aux autorités à la fin des travaux, laissant une très large marge de manœuvre au Bureau, dont l’impartialité ne fut jamais constatée, et aidé en cela par nos adversaires, le temps d’apporter tous les correctifs nécessaires pour dissiper toutes les irrégularités sinon les fraudes.

A notre entendement, le scrutin du samedi 14 mai 2022 destiné à élire le Maire et le Président du Conseil municipal de Mouila n’est qu’une grossière chienlit qui n’honore pas la démocratie particulièrement chahutée dans notre pays.

Le scrutin du 14 mai 2022 est entaché d’irrégularités et la crédibilité pour le moins, sinon la légitimité de tout maire élu dans des conditions aussi chaotiques n’est pas établie.

Le groupe des conseillers RHM opposé au Parti Démocratique Gabonais, réclame la conformité légale, la transparence et le respect de la volonté des molviloises et molvilois qui n’ont que trop souffert des manipulations, des trafics d’influence, des irrégularités et autres fraudes électorales.

Les molviloises et molvilois  aspirent à une vie politique apaisée, réellement démocratique dans le respect des lois républicaines.

Les conseillers RHM ont donc fait appel à Madame le Gouverneur et recouru à leur autorité afin d’exercer, dans la règle et la neutralité républicaine, le contrôle de la légalité de ce scrutin dont ils rejettent les résultats./

P/ le Rassemblement Héritage et Modernité

Le Secrétaire Général

Député-Conseiller municipal

Serge Maurice MABIALA

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