Ali Bongo et Nzouba Ndama se sont rencontrés lundi au palais

Guy Nzouba Ndama pressenti plutôt plus proche de l’opposition que du pouvoir @ DR

 

Libreville, Gabon (Gabonactu.com) – Le quasi rebelle président de l’Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama était lundi l’invité vedette au palais de la présidence de la République où il a rencontré le chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba, officiellement pour parler des mesures de sécurité dans le pays suite aux attentats terroristes en Côte d’Ivoire.

 

La Direction de la communication présidentielle (DCP), pourtant très active dans ce genre de situation a ignoré l’évènement mais le reportage de la Télévision nationale a relancé le débat sur la place de Nzouba Ndama dans la vie de la nation.

La rencontre avait l’allure d’un procès de Nuremberg contre Nzouba Ndama. Il y avait le Premier ministre Daniel Ona Ondo, ancien bras droit de Nzouba Ndama à l’Assemblée nationale et Pacôme Moubelé Boubeya, ministre de l’Intérieur et originaire de l’Ogooué Lolo comme Nzouba Ndama.


Ces derniers jours, le président de l’Assemblée nationale est au cœur de tous les débats politiques. L’homme a brillé samedi par une absence insolite lors du congrès de l’investiture du candidat à sa propre succession Ali Bongo Ondimba par son parti, le Parti démocratique gabonais (PDG) dont Nzouba Ndama est l’un des caciques. Des hauts cadres du palais présidentiel ont estimé que cette absence était la principale fausse note du congrès.

 

Dans les réseaux sociaux, les gabonais ont évoqué une preuve de désamour, de révolte et de rébellion du président de l’Assemblée nationale contre un pouvoir qu’il a porté à bout de bras mais qui l’a marginalisé d’une année à une autre du mandat de 7 ans d’Ali Bongo Ondimba.

 

Nzouba Ndama est même pressenti comme candidat à la prochaine élection présidentielle pour le compte de la nouvelle tendance politique créée au sein du PDG à savoir PDG – Héritage et Modernité. « Si c’est le cas, ce serait une mauvaise nouvelle pour le pouvoir. Une belle prise pour l’opposition », a commenté un connaisseur de la politique gabonaise.

 

Cette tendance a été créée la semaine écoulée par des députés et d’anciens ministres frondeurs dont les têtes d’affiches, Alexandre Barro Chambrier, Michel Menga et Jonathan Ignoumba ont été exclus du parti.

 

Nzouba Ndama est soupçonné d’être le principal mentor de ces députés boudeurs. Assi à la droite d’Ali Bongo lors de la rencontre de lundi, le président de l’Assemblée nationale a probablement expliqué les raisons de son absence au congrès de l’investiture. Il a probablement dit au président du PDG, pourquoi il n’avait pas aussi participé au provincial du parti à Koulamoutou son fief électoral.

 

Le président de l’Assemblée nationale cache aussi mal sa colère ou sa déception. Il a déploré qu’Ali Bongo préfère légiférer par ordonnance présidentielle alors qu’il dispose d’une majorité éléphantesque à l’Assemblée nationale. L’opposition n’y compte que 3 députés sur 125.

 

Le feuilleton le fait que commencer.

 

Carl Nsitou

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error

Vous aimez l'article? Merci de le partager.